Les Jeunes Travailleurs et la SST

Tout le monde s'est déjà retrouvé dans une position de débutant à un nouveau travail. On arrive avec de bonnes intentions (et souvent un peu de nervosité) et on essaie de faire au mieux avec les connaissances que nous avons. L'accueil que nous réserve notre employeur peut avoir une grande incidence sur la suite des choses : est-ce que notre arrivée est soulignée d'une façon où d'une autre ou sommes nous laissés à nous mêmes dans nos nouvelles fonctions? En 2003, l'association des commissions des accidents du travail au Canada (ACATC) avait publié une étude qui révélait que seulement 26% des jeunes québécois étaient formés sur les aspects liés à la SST à leur première journée de travail ou avant comparativement à 40% des jeunes canadiens. Près de 460 jeunes se blessent au travail chaque semaine au Québec et les employeurs peuvent souvent faire d'avantage au niveau de la sensibilisation et de la prévention.

Qui sont les jeunes travailleurs?

La CNESST identifie les « jeunes » comme ayant moins de 24 ans et étant fréquemment dans une position de nouvel employé. À ce titre, ils sont vulnérables sur plusieurs points :

Toutes ces caractéristiques les rendent plus vulnérables aux blessures, entrainant des arrêts de travail qui peuvent être couteux pour les entreprises. Concrètement, les jeunes subissent 150% plus de lésions professionnelles que leurs ainés. Puisque la Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST) dicte que les employeurs sont responsables de protéger la santé et la sécurité de leurs employés, la tâche leur revient de mettre en oeuvre des moyens concrets pour pallier à ces problèmes. Concrètement, on s'attend à ce que l'employeur donne l'information et la formation nécessaire au nouvel employé, que celui-ci reçoive un entrainement et qu'une supervision appropriée soit mise en place. Certaines compagnies vont aussi évaluer un nouvel employé afin de vérifier que toutes les informations ont bien été comprises.

Jeunes Travailleurs

Quelles industries accueillent le plus de jeunes travailleurs?

Certaines industries attirent d'avantage cette clientèle que d'autres et à ce titre doivent faire preuve d'une vigilance accrue lors de l'arrivée de nouveaux employés.

Par ordre d'importance :

Ces secteurs qui accueillent le plus de jeunes sont aussi ceux qui rapportent le plus de lésions (ensemble, ceux-ci cumulent 65% des lésions qui surviennent chez les jeunes). Le secteur « foresterie, pêche, mines et extraction de pétrole et de gaz » déclarait le plus haut taux de lésions chez les jeunes, soit 89 lésions par 1000 employés en 2011 toutefois, beaucoup moins de jeunes travaillent dans ce secteur. Pour comparer, dans cette même étude de 2011, les secteurs de la fabrication, du transport et de l'entreposage et de la construction avaient également des taux importants de lésions professionnelles chez les jeunes, respectivement 82, 52 et 50 lésions par 1000 emplois.

En quoi leurs besoins diffèrent de ceux des autres travailleurs?

Tout d'abord, leur sensibilisation à la SST est parfois inexistante ou insuffisante. Une certaine sensibilisation est faite par l'appui de programmes scolaires dans des écoles secondaires mais celle-ci ne remplace pas celle qui doit être faite en situation réelle. S'il s'agit d'un premier emploi dans un domaine qui ne lui est pas familier, un jeune aura nécessairement des manques à pallier par le biais d'une formation sur les pratiques sécuritaires de l'entreprise et sur la SST en un sens plus large.

Pendant le travail, ils ont besoin d'une supervision plus grande que les autres employés. Pour ce qui est des secteurs du commerce, de l'alimentation et du commerce de détail, tous trois prisés des jeunes travailleurs, le haut taux de roulement des nouveaux employés nuit aux jeunes en encourageant peu les entreprises à investir dans la formation, selon l'organisme Conseil emploi métropole. Dans la pratique, les entreprises à haut roulement sont aussi parfois inaptes à donner l'accueil souhaité aux nouveaux parce qu'elles sont surchargées, ce qui augmente les risques pour la sécurité des jeunes, et ne déresponsabilise en rien l'employeur.

Les causes et les types de lésions

La CNESST a publié un document intitulé « Portrait des jeunes travailleurs de 24 ans ou moins » (2018) qui met en lumière les blessures les plus fréquentes chez ces travailleurs :

Les statistiques montrent que les employés plus âgés se blessent moins que les plus jeunes. Sur ce sujet, la revue Convergence propose l'hypothèse qu'il est possible que le savoir-faire qui s'acquière au fil des ans compense la perte de capacités physique chez les employés qui vieillissent, ou que ces chiffres s'expliquent en partie parce que le travail plus difficile est parfois relégué à la main d'oeuvre plus jeune.

Les maladies professionnelles

Elles représentent moins de 1% des lésions chez les 24 ans ou moins en 2011, mais grimpe à 5% chez les 25 ans et plus. Chez les jeunes travailleurs, 74% de ces maladies sont rapportées par des hommes et il s'agit principalement de troubles musculosquelettiques. Par comparaison, les 25 ans ou plus rapportent d'avantage de cas de surdité, de pertes ou de déficience auditive liées au travail.

Le cout pour l'entreprise

Ces lésions occasionnent en moyenne 28 jours d'absence indemnisés chez les jeunes et coutent en moyenne 2579$ à l'entreprise, allant jusqu'à 3034$ lorsqu'il s'agit de blessures au dos. Dans les pires cas, si une amputation est nécessaire, on parle alors de 60 jours d'indemnisation représentant un débours moyen de 6592$. Mais ces chiffres ne comportent que les montants payés à l'employé. L'IRSST estime qu'en considérant les frais médicaux, les couts salariaux, la productivité perdue, les couts administratifs et les couts humains, une lésion professionnelle coute réellement en moyenne 34 869$ à l'entreprise.

Comment les sensibiliser?

La « Génération Y » (nés entre 1984 et 1996) aussi connue comme « Génération C » représente 16.3% de la population québécoise. Les membres de cette génération sont connus comme étant de grands utilisateurs d'internet et des technologies de l'information. Ils utilisent majoritairement l'internet dans le but de communiquer, de se divertir et de s'informer.

Un sondage révèle les chiffres suivants concernant ce que ces jeunes préfèrent en terme de formation lorsqu'ils abordent un nouveau travail :

Rien ne remplace l'accompagnement d'un employé plus expérimenté lors des premières semaines, toutefois ceux-ci sont intéressés par des manières d'apprendre plus interactives et il y a là une opportunité à saisir pour les former en SST par le biais de médiums plus populaires avec eux.

Jeunes Travailleurs et SST

L'accueil idéal pour les jeunes travailleurs

Plusieurs étapes peuvent être suivies pour vous assurer que votre accueil laissera une empreinte positive sur un nouvel employé :

Dans les faits, une étude de l'IRSST qui sonde un échantillon de 70 étudiants démontre une réalité souvent loin de cet idéal. Les conclusions suivantes ont été tirées d'un questionnaire donné à ces étudiants, au sujet de leur accueil :

Cette même étude a obtenue les résultats suivants au sujet de l'accompagnement des étudiants lors des premiers jours de travail :

Au total, ce n'est donc que 60% des jeunes qui ont été accompagnés d'une façon ou d'une autre dans leurs nouvelles fonctions. Ces données montrent une adéquation entre un accueil optimal et la réalité à laquelle les jeunes travailleurs sont confrontés.

La prévention des blessures

Les contraintes physiques des emplois sont parfois la source de blessures prévisibles et évitables. Dans la même étude de l'IRSST, on dénote les contraintes physiques suivantes comme étant les plus fréquentes dans les nouveaux emplois :

En ce qui a trait aux blessures au dos, il est malheureusement impossible de supprimer tous risques que ce genre d'incidents ne surviennent. D'ailleurs, ces blessures sont généralement liées à un travail de manutention demandant à l'employé une cadence élevée de soulèvement et de transport de charges, ou simplement le déplacement de charges lourdes dans le cadre de ses fonctions. Un article du Devoir souligne qu'environ 80% des québécois souffriront de maux de dos à un degré ou un autre au cours de leur vie. Il met en lumière l'importance de plier les genoux lorsqu'on se penche pour lever une charge afin de réduire la tension sur la colonne vertébrale, mais propose surtout aux gens souhaitant prévenir les blessures au dos de faire d'avantage de sport afin renforcer ces mêmes muscles qui servent au travail. La CNESST pour sa part suggère l'utilisation d'aides mécaniques pour le transport de charges, de lever certains poids à deux plutôt que seul et de prévoir plus de temps au transport de charges afin de permettre aux employés de se reposer entre les efforts.

Les outils de sensibilisation

L'escouade jeunesse

Cette initiative de la CNESST consiste en la formation d'équipes de jeunes à travers le Québec, ayant pour mandat d'offrir gratuitement aux entreprises un atelier de sensibilisation dynamique sur les droits et obligations des employeurs et travailleurs en matière de SST et sur la prévention nécessaire à appliquer pour prévenir les lésions en milieu de travail. Cette initiative est appréciée de 97% des employeurs qui reconnaissent que l'escouade jeunesse améliore leurs pratiques relativement à la santé et la sécurité du travail dans leur entreprise. Les ateliers qu'ils présentent durent environ 45 minutes et requièrent la présence et la participation de l'employeur ou de son représentant. Les agents de prévention de l'escouade jeunesse interagissent avec les nouveaux travailleurs en posant des questions et en présentant des vidéos afin de les sensibiliser à des pratiques de travail plus sécuritaires.

L'utilisation d'outils interactifs

Certaines ressources interactives existent afin de renforcer la formation des jeunes. La CNESST offre sur son site plusieurs vidéos et jeux interactifs ayant pour but d'identifier des comportements dangereux au travail et comment les éviter. Toutefois, les employeurs utilisent généralement très peu ces outils disponibles en ligne indique l'IRSST. L'escouade jeunesse peut peut-être inspirer les employeurs à l'imiter au niveau des médiums variés qu'ils utilisent pour passer le message aux jeunes.


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